Quand les marchés montent, le conseil financier a l'air d'un luxe. Avec les rendements des indices cette année, la question se pose légitimement. Voici les quatre choses sur lesquelles un conseiller travaille, et qui ne se voient pas dans une bonne année.
Cette année, l'indice américain S&P 500 affichait environ 14,3 % depuis janvier au 21 octobre, dividendes inclus. Dans un marché comme celui-là, presque tout fonctionne. Alors oui, la question revient souvent : à quoi sert un conseiller en placement si l'indice monte tout seul ?
C'est une bonne question. La réponse tient en quatre points, et aucun ne concerne la capacité à deviner le prochain mouvement du marché.
Deux personnes peuvent obtenir exactement le même rendement brut et conserver des montants très différents après impôt. La différence vient de deux choses simples.
Le type de revenu. Un placement peut rapporter des intérêts, des dividendes ou un gain en capital. Au Québec comme ailleurs au Canada, ces trois revenus ne sont pas imposés de la même façon. L'intérêt est généralement le plus lourdement taxé. Détenir le mauvais type de placement dans le mauvais compte coûte cher, chaque année, sans que ça paraisse nulle part sur votre relevé.
Le choix du compte. REER, CELI, CELIAPP et compte non enregistré ne jouent pas le même rôle.
| Compte | À quoi il sert |
|---|---|
| REER | Reporter l'impôt à plus tard, idéalement quand votre revenu sera plus bas |
| CELI | Faire croître et retirer sans impôt, en tout temps |
| CELIAPP | Accumuler pour une première propriété, avec un double avantage fiscal |
| Non enregistré | Ce qui dépasse la capacité des comptes précédents |
Placer le bon type de placement dans le bon compte s'appelle l'emplacement des actifs. C'est un gain réel, obtenu sans prendre plus de risque.
Le rendement est un moyen, pas une finalité. La vraie question n'est pas « combien ai-je fait cette année », mais « est-ce que je suis en voie d'y arriver ».
Y arriver, ça veut dire une mise de fonds dans trois ans, la retraite à 60 ans plutôt qu'à 67, ou les études d'un enfant dans douze ans. Un portefeuille qui rapporte 14 % mais dont l'argent est bloqué au mauvais moment ne vous rend pas service.
Le travail consiste à partir de l'objectif et à remonter : de combien avez-vous besoin, à quelle date, et quel rythme d'épargne y mène. On découvre souvent qu'un rendement plus modeste suffit largement, et qu'il n'est pas nécessaire de prendre autant de risque qu'on le croyait.
C'est le point le plus sous-estimé.
Le meilleur portefeuille sur papier ne vaut rien si vous le vendez au premier recul. Et l'histoire montre que la perte la plus coûteuse n'est généralement pas celle du marché, mais celle causée par la décision de sortir au mauvais moment.
Un portefeuille prévisible est un portefeuille que vous gardez. C'est pour ça que la répartition entre actions, obligations et liquidités compte davantage que le choix des placements eux-mêmes.
C'est exactement pour cette raison que l'exercice se fait aujourd'hui, pendant que tout va bien. Une décision prise à froid, en regardant des chiffres plutôt qu'un écran rouge, sera toujours meilleure.
Les reculs font partie du fonctionnement normal des marchés. Ils reviennent régulièrement, et personne ne peut en prédire le moment.
Ce qu'on peut faire, en revanche, c'est se positionner d'avance pour que chaque somme soit placée en fonction de son usage.
| Quand vous aurez besoin de l'argent | Ce que ça implique |
|---|---|
| Moins de trois ans | La somme ne devrait pas dépendre des marchés |
| Trois à dix ans | Un équilibre entre croissance et prévisibilité |
| Plus de dix ans | Le temps permet d'absorber les reculs |
Un portefeuille bien positionné permet de traverser une mauvaise année sans être forcé de vendre. C'est là que la différence se voit, et c'est précisément là que ça compte.
Un fonds indiciel est un bon outil. Il ne répond toutefois pas aux quatre questions ci-dessus. Il ne choisit pas votre compte, ne tient pas compte de votre taux d'imposition, ne connaît pas votre horizon et ne vous empêche pas de vendre pendant un recul. L'outil et la stratégie sont deux choses différentes.
Rien. La consultation initiale est gratuite, dure environ trente minutes, et n'engage à rien. On regarde votre situation et on détermine s'il y a matière à travailler ensemble.
Souvent, la rencontre confirme que la structure est adéquate, et c'est un résultat utile. Ce qu'on vérifie, c'est si vos placements sont dans les bons comptes, si votre répartition correspond à votre horizon, et ce qui se passerait en cas de recul important.
Prévoir le prochain recul, garantir un rendement ou battre le marché de façon systématique. Toute personne qui promet l'une de ces trois choses devrait vous inquiéter.
Source du rendement cité : Chartrow et Macrotrends, rendement total du S&P 500 au 21 octobre 2026. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
Cet article est publié à titre informatif. Il ne constitue ni un conseil financier, fiscal ou hypothécaire personnalisé, ni une prévision de l'évolution des taux d'intérêt. Les données économiques et les taux cités reflètent la date de publication et changent constamment. Toute décision liée à votre hypothèque doit être validée auprès de votre prêteur ou de votre courtier hypothécaire, et évaluée en fonction de votre situation.