Chutes de marché : ce que l'histoire montre, et ce qu'elle ne garantit pas

4 septembre 2026 Yassine Rayadh, conseiller en sécurité financière · représentant en assurance collective de personnes

Les baisses de marché reviennent régulièrement. Ce qui change tout, c'est où vous en êtes dans votre parcours quand elles arrivent.

Quand ça baisse, deux réflexes s'affrontent. Vendre pour limiter les dégâts, ou acheter parce que c'est moins cher. Les chiffres ne tranchent pas. Ils aident à poser la question correctement.

En bref
  • Un recul de 10 % arrive tous les 2,2 ans en moyenne. Un recul de 20 %, tous les 5,6 ans.
  • Plus votre horizon est long, plus la baisse touche une petite part de ce que vous investirez au total.
  • Un indice et deux ou trois titres ne réagissent pas pareil.
  • Ces données décrivent le passé. Elles ne garantissent rien.

Une baisse, c'est normal

Depuis 1950 : environ 38 corrections de 10 % et 14 marchés baissiers de 20 %. Qui investit sur trente ans en traversera une douzaine.

ReculDélai médian de récupération
10 % à 15 %≈ 4 mois
15 % à 20 %≈ 8 mois
20 % à 30 %≈ 14 mois
Plus de 30 %Très variable

Attention à la dernière ligne. En 2007, l'indice a perdu près de 57 % et n'a retrouvé son sommet qu'en 2013.

Pourquoi vendre coûte cher

Les meilleures séances arrivent presque toujours en pleine tempête. Environ 76 % surviennent pendant un marché baissier ou dans les deux premiers mois du rebond. Vendre après une mauvaise passe, c'est souvent manquer la remontée.

La statistique qu'on cite à moitié

On répète que manquer les 10 meilleures séances coupe le rendement de moitié. C'est vrai. Mais le même calcul sur les 10 pires séances donne l'inverse, en plus marqué. Ce que les deux prouvent : les bonnes et les mauvaises journées arrivent dans les mêmes semaines. Personne ne sait les séparer d'avance.

SI VOUS COMMENCEZ

Votre horizon change le calcul

Un recul de 25 % ne veut pas dire la même chose à 30 ans qu'à 62 ans. Ce n'est pas une question de tempérament.

Quelqu'un de 30 ans avec 40 000 $ et 500 $ par mois jusqu'à 65 ans investira bien plus dans les années à venir que ce qu'il détient aujourd'hui. L'essentiel de son capital n'est pas encore placé. La baisse frappe le petit montant déjà investi et abaisse le prix d'entrée du reste.

À l'inverse près de la retraite. Le recul frappe tout le capital, sans versements futurs pour compenser. Même événement, effet opposé.

Un indice, pas deux ou trois titres

C'est la distinction la plus importante ici. Renforcer une position suppose que le placement puisse remonter.

Indice largeDeux ou trois titres
CompositionSe renouvelleFigée par votre choix
Si une entreprise couleAbsorbéPerte permanente
Vous pariez surL'économieQuelques dirigeants

Les délais du premier tableau valent pour des indices. Pas pour un titre isolé. Certaines entreprises n'ont jamais retrouvé leur sommet.

Mais un indice n'est pas forcément diversifié

En juin 2026, sept sociétés pesaient environ 34 % du S&P 500, toutes sur le même thème technologique. Détenir uniquement cet indice, c'est concentrer le tiers de son argent sur une poignée d'entreprises. Plus de détails dans l'article sur la concentration.

Vos versements d'un côté, une réserve de l'autre

Deux choses différentes, souvent confondues.

Votre cotisation automatique ne bouge jamais. C'est la base.

À côté, une réserve que vous décidez d'avance de déployer si une grosse baisse arrive. Trois conditions.

Écrire les règles à froid. Le jour où ça baisse de 25 %, personne n'a envie d'acheter. D'où l'importance de décider avant.

Déployer par tranches. Personne ne connaît le creux.

PalierPortion déployée
Recul de 10 %Un tiers
Recul de 20 %Un deuxième tiers
Recul de 30 %Le dernier tiers

Prendre l'argent dans le surplus. Jamais dans le fonds d'urgence.

Ce que ça coûte

Ces liquidités ne travaillent pas pendant qu'elles attendent. Si la baisse n'arrive jamais, elles auront dormi des années. Et si le marché continue de descendre après la dernière tranche, il n'y a plus de munitions. Cette méthode discipline le comportement. Elle ne prédit rien.

Trois cas où ça ne tient pas

SituationPourquoi
Retraite procheRetirer d'un portefeuille en baisse force à vendre des unités dépréciées.
Un seul titreUn indice se renouvelle. Une entreprise peut disparaître.
Argent dont vous aurez besoinSommes prévues pour un projet proche, ou empruntées : une baisse ordinaire devient un vrai problème.

L'avantage de l'horizon long suppose aussi que vous continuiez à verser, et que votre emploi tienne. Les baisses coïncident souvent avec des périodes économiques difficiles. C'est pour ça que le fonds d'urgence passe avant tout le reste.

Le vrai obstacle

Une baisse de 30 % sur 40 000 $, c'est 12 000 $. Souvent plus que votre épargne de l'année. Le réflexe : arrêter les versements, exactement quand ils achètent le plus.

D'où l'utilité du prélèvement automatique. Il ne vous demande pas votre avis. Votre première vraie baisse est la plus formatrice : ce que vous y faites devient souvent votre comportement des trente années suivantes.

J'ai 28 ans, par où commencer ?

Fonds d'urgence. Puis une exposition large plutôt que quelques titres. Puis un versement automatique qui tient dans votre budget même un mois difficile. Le moment d'entrée compte bien moins que la régularité.

Faut-il investir plus quand ça baisse ?

Cette page ne recommande rien. Renforcer selon des règles fixées d'avance n'a rien à voir avec une décision prise en lisant les nouvelles. Première question : cet argent est-il vraiment disponible à long terme ?

Sources : MUFG Americas, Stacker, Plus500, Hartford Funds, Carson Group, A Wealth of Common Sense, Forbes. Les données historiques ne préjugent pas des résultats futurs.

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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue ni un conseil financier personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente d'un produit financier. Les données de marché citées reflètent la période indiquée et évoluent quotidiennement. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs et aucun rendement n'est garanti. Toute décision de placement doit être évaluée en fonction de votre situation, de vos objectifs et de votre tolérance au risque. Yassine Rayadh est conseiller en sécurité financière encadré par l'Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec, en partenariat avec Lafond + Associés.